Eviter les mécanismes dangereux

Quand un stresseur surgit, le cerveau de l'urgence (l'amygdale) déclenche une réaction physiologique libérant certaines substances dans le corps dont l'adrénaline et les corticoïdes - ces derniers augmentent l'oxydation et favorisent le stress oxydatif (1) -. Il se passe un certain temps avant que le taux d'adrénaline, par exemple, ne revienne à la normale. Plus le facteur stressant a été perçu comme important, plus la quantité d'adrénaline libérée est elle-même importante et plus le temps nécessaire pour revenir à une situation normale, sera long.

 

Or, si dans l'intervalle, d'autres facteurs stressants interviennent, ils généreront à nouveau la fabrication d'adrénaline, sans laisser à l'organisme le temps de récupérer. Tant et si bien que plusieurs « petits » stress successifs finissent par avoir des conséquences nocives (stress oxydatif) plus importantes qu'un « gros » stress ponctuel. Le cercle vicieux du stress « chronique » est alors entamé. Au niveau physiologique, l'adrénaline et les corticoïdes s'accumulent (avec bien d'autres substances encore), ce qui a des conséquences négatives sur l'état général, aussi bien au niveau somatique (insomnies, perte d'appétit, etc.) que psychologiques (isolement, excitation, irritabilité excessive, abattement, etc.). Un état général trop dégradé peut mener à l'épuisement (burn out).

 

Un rapport de l'INRS, explique que l'état de stress chronique peut déboucher sur un syndrome « métabolique » qui peut associer différents symptômes tels que l'obésité, la résistance à l'insuline pouvant évoluer vers un diabète, l'hypertension artérielle et des perturbations du métabolisme des lipides (cholestérol, triglycérides), etc.. L'anxiété (impression de danger) et la dépression (perte du goût de la vie), qui sont des phénomènes différents, sont de plus en plus souvent mises en relation avec des situations de stress au travail.

 

Certes, on peut toujours considérer le stress comme une réaction normale, mais jusqu'à certaines limites, que malheureusement, la plupart des personnes stressées ne se rendent pas compte d'avoir franchies. Le stress peut alors avoir des conséquences très graves. Le recours à un professionnel formé à ces problématiques permet de faire périodiquement le point et de prendre les précautions nécessaires.

 

(1) Le stress oxydatif est un processus physico-chimique modifiant le niveau d'acidité intracellulaire, extracellulaire ou interstitiel et aboutissant à de nombreuses perturbations métaboliques. Le niveau de stress oxydatif se mesure lors d'un bilan stress.